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Roselière du Crest
La roselière du Crest, achetée par le CEPA en
1994, se situe tout prés de Clermont-Ferrand, le long
de la rivière Auzon, qui descend de St-Genés-Champanelle.
C’est une zone humide de 1.7 ha., peuplée de roseaux (Phragmites),
bien sur, et entourée d’arbres et d’arbustes. Sur
une petite surface on trouve donc une grand hétérogénéité
et une naturalité élevée (le site a été
abandonné en 1980). A noter la présence de 2 cabanes sur
ce site. Ces cabanes utilisées autrefois par les arboriculteurs
qui exploitaient les lieux ont été maintenues dans un
état correct, mais ne sont pas utilisées, sauf par la
faune présente !
Un inventaire floristique fait en 1994-1995 a
montré que au moins 140 plantes étaient présentes.
Il serait intéressant de refaire cet inventaire car, depuis,
la végétation a beaucoup évoluée.
Quelques insectes ont été inventoriés, mais il
est probable qu’un inventaire plus poussé permettrait de
noter beaucoup d’espèces. Les mollusque seraient aussi
intéressants à inventorier.
En fait le site a été acquis car il est le témoin
de zones humides qui ont été systématiquement détruites
pour faire de l’agriculture. On ne trouve quasiment plus de roselière
en Limagne! Par ailleurs le site était suivi depuis 1983
par les ornithologues qui avaient trouvé là un dortoir
de Bruants des roseaux, dont de nombreux individus avaient été
bagués.
Où en sommes nous maintenant ?
Pour ce qui concerne les oiseaux, un total de 97 espèces
ont été notées sur le site, dont une bonne moitié
qui y nichent ou s’y nourrissent en hiver. Les autres ne font
que survoler le site ou le traverse au hasard de leurs déplacements.
Parmi les espèces nicheuses la plus originale est la Rousserolle
Effarvate qui est caractéristique des roselières (3-4
couples nichent sur place) .
De nombreux points d’écoute (86 en 10 ans) ont été
effectués au printemps : en moyenne, en 20 minutes sans
bouger, on peut noter 19 individus de 13 espèces. En outre une
estimation des couples nicheurs a été faite ; :
en moyenne chaque année 35 couples de 18 espèces se reproduisent
sur le site, dont 10 sont présentes tous les ans !
En hiver le Bruant des roseaux (petit oiseau d’une vingtaine de
grammes) vient dormir tous les soirs en dortoir dans les roseaux. Avant
l’achat du terrain de nombreux individus ont été
bagués. Ce travail a montré que les oiseaux venaient des
pays scandinaves, de Pologne, … Ils arrivent courant octobre et
repartent courant mars. Certains hivernent sur place, mais d’autres
ne font que passer soit à la descente vers le sud, sot à
la remontée. Au maximum ils sont en moyenne 500 en décembre,
mais fin 2002 ils étaient plus de 1200 ! C’est dire
l’intérêt de la roselière du Crest.
Au niveau gestion peu de choses sont faites sur le
site : quelques coupes de roseaux pour relancer leur pousse. Tant
que la surface en roseaux sera suffisante c’est la seule opération
qui sera poursuivie. Par contre si les arbres et arbustes devenaient
trop envahissants, ils seront limités. Il n’y a pas de
visites organisées pour ce site, mais les personnes intéressées
peuvent prendre contact avec le CEPA. Le conservateur peut organiser
une visite privée !
Il faut dire pour terminer que, si avec du recul, l’opération
est très positive, elle est placée dans un contexte agricole
très menaçant : tout autour des cultures intensives
existent, des anciennes parcelles en vergers sont détruites.
Drainage, engrais et pesticides menacent sérieusement le site.
Des tentatives d’achats ont été faites, mais seulement
3-4 petites parcelles ont pu être acquises dans les alentours.
C’est malheureusement insuffisant pour sauver non seulement la
roselière, mais le contexte potentiellement très riche
pour la Nature.
JP Dulphy le 1 mars 2005
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