| . |
UNE SOCIETE A RISQUES
Les risques (Risque = Danger + Cible) auxquels nous sommes confrontés tout au long de notre vie sont nombreux, innombrables même, mais de fréquences et de gravités variables. Leurs acceptabilités se répartissent sur une échelle de grande amplitude. Prenons l’exemple de l’automobile, véritable machine à tuer, qui provoque environ 8000 morts par an en France et de multiples blessés. Le nombre des accidents mortels a certes diminué mais les français, dont moi-même, ne sont pas prêts à renoncer à la sacro-sainte bagnole. En revanche, le risque lié aux listeria pour ne citer que celui-là, est considéré comme inacceptable, alors que le nombre de décès annuels est relativement faible. Mais, dans le cas d’une intoxication alimentaire, on est en en présence d’un risque non consenti, donc scandaleux. Nous vivons dans une société à risques : risques technologiques, naturels, météorologiques, terroristes (centrales nucléaires, grands barrages, installations industrielles ou militaires, ...), infectieux (legionelles, salmonelles, listeria, prions, Grippe, SRAS, SIDA, ...), chimiques (nitrates, pesticides divers, dioxines et autres polluants organiques persistants, ...), biologiques (antibiotiques, hormones, OGM, ...), et tant d’autres encore. Rien que pour les maladies infectieuses, l’humanité subit 1709 agents pathogènes connus (chiffres pour l’année 2000). Alors, chacun comprendra que la liste serait trop longue et incomplète. La situation est-elle désespérée pour notre pauvre humanité ? Non, car il existe des moyens pour réduire les risques, même s’ils semblent parfois dérisoires. Certes, certains chiffres donnent froid dans le dos : en Afrique du Sud, cinq millions de personnes soit une sur neuf est infectée par le virus du SIDA. Les récentes données statistiques du cancer sont alarmantes. Cependant, l’espérance et la qualité de vie dans les pays riches continuent d’augmenter. Le pire n’est jamais certain. Si l’accident de Tchernobyl (25 avril 1986) a fait bien plus que les 42 décès " officiels ", celui de Seveso (10 juillet 1976) n’en a directement occasionné aucun et on est , fort heureusement, très loin des centaines de milliers de morts que devait provoquer en Europe la maladie de la vache folle. Nous vivons dans une société à risques et beaucoup d’entre eux ont une origine environnementale. Mais l’espèce humaine a toujours été confrontée à un environnement hostile, ce qui ne l’a pas empêché de proliférer. Simplement, les risques ont changé de nature avec le temps. Des molécules chimiques, qui n’existaient pas au début du XX ème siècle ont envahi notre environnement et nos assiettes. Le changement climatique en cours pourrait accélérer l’apparition de maladies infectieuses nouvelles (dites émergentes) dont l’agent causal (un virus par exemple), tapi silencieusement dans un réservoir animal (singe, rongeur, ...) en sortirait grâce à un vecteur (insecte, ...) rendu actif par un changement de son écosystème. Mais l’apparition du SRAS ou du SIDA, pathologies typiquement environnementales, ne peut probablement pas être attribué à une modification du climat. Mais dans l’immédiat, on exige l’application du principe de précaution et l’on veut encore croire au mythe du risque zéro. La vie est certes un long fleuve tranquille. Juste un peu pollué. Claude CHAMPREDON
|
Parse error: parse error, unexpected '<' in /usr/share/php/cdp_fin.php3 on line 3