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Oiseaux hivernants du Val d’Allier et
réchauffement climatique
Depuis 1995, la présence des oiseaux hivernants est
suivie sur les bords de l’Allier. Leur nombre fluctue d’année
en année, mais l’influence du réchauffement climatique
qui se fait sentir n’est pas encore vraiment significatif.
Le suivi se fait par des comptages, dans une douzaine de zones naturelles
situées au bord de l’Allier.
Un premier bilan avait été dressé en 1999 dans
la revue de la LPO Auvergne, le Grand Duc. Il avait été
noté en 4 ans de suivi, 82 espèces, dont de nombreuses
habituelles : Pinsons , Bruants, Mésanges, Colverts, …)
et d’autres rares ou accidentelles ( oiseaux d’eau, Fauvette
à tête noire, Rouge-queue noir,…).
D’un hiver à l’autre, bien sur, les chiffres obtenus
lors des comptages sont variables, mais certaines espèces avaient
été notées très stables (Buse, Martin-pécheur,
Pic vert, Pic épeiche, Troglodyte, Rouge-gorge, plusieurs espèces
de Mésanges, Corvidés, Chardonneret,..). D’autres
avaient été notées très variables selon
les conditions climatiques (Grives, par exemple, ce qui est bien connu).
Au total le nombre d’individus notés par heure de « marche »
était de 130, dont 67 passereaux, la différence entre
ces 2 chiffres correspondant surtout à des espèces de
grande taille (Hérons, Cormorans, Canards,…).
Ce travail a été poursuivi. Un petit résumé
est donné ci-dessous pour les hivers suivants, jusqu’à
celui de 2006-2007, particulièrement doux.
Au total, sur 7 ans, on a compté 136 oiseaux par heure, dont
64 passereaux. On constate donc, malgré quelques fluctuations,
que le nombre d’individus hivernants se maintient, du moins pour
l’instant. Cependant cette stabilité cache des évolutions
contradictoires.
Il y a stabilité effective du Grèbe huppé , du
Héron cendré, de la Buse, des Pics, de l’Accenteur,
de la Mésange bleue, du Chardonneret,…
A coté il y a une baisse, au fil des années, pour le Pipit
farlouse, le Troglodyte, le Rouge-gorge, le Merle, la Mésange
à lonque-queue, le Verdier, le Tarin des aulnes.
A l’inverse on a noté une augmentation nette du Pinson
des arbres, du Geai,…
Il est évident que les chiffres trouvés devront être
analysés plus en profondeur et confrontés à ce
qui est observé par ailleurs. Ils pourraient toutefois s’interpréter
ainsi, sous réserve bien sur : stabilité des espèces
qui nichent dans la région (dans la mesure où leurs effectifs
ne varient pas trop) , baisse pour des espèces qui, habituellement,
viennent hiverner en Auvergne et ont tendance à rester plus au
nord (c’est très net pour le Tarin des Aulnes, le Pinson
du Nord, le Pipit farlouse,…), augmentation pour de rares espèces
qui, probablement, hivernent normalement un peu plus au sud ( Pinson
des arbres par exemple,…).
Un mot particulier pour le Bruant des roseaux. Cette espèce est
suivie depuis très longtemps, en particulier dans une roselière
près de Clermont-Ferrand. En hiver, les oiseaux s’y rassemblent
pour passer la nuit. Habituellement il y en a quelques centaines. Cet
hiver seulement 30 individus étaient présents au dortoir !
Très probablement ceux qui manquaient étaient restés
plus au nord !
Le changement climatique qui se profile et qui commence à rendre
les hivers plus doux, va donc amener des modifications dans le comportent
d’hivernage de nombreuses espèces d’oiseaux. Pour
l’instant ce qui est noté correspond avant tout à
des comportements plutôt classiques en relation avec les variations
des conditions hivernales. A terme ce qui est de plus en plus observé
pourrait devenir la règle. |