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NOUVEAUX ANIMAUX DE COMPANIE (NAC)
Ou une nouvelle mondialisation : celle des germes.


NAC est l'acronyme de Nouveaux Animaux de Compagnie. Mais ces compagnons (araignées, reptiles, amphibiens, singes, rongeurs, ...) sont-ils toujours de bonne compagnie ? On peut en douter car beaucoup d’entre eux, en provenance de pays chauds, peuvent transporter vers l’Europe les agents de redoutables maladies infectieuses.

Certaines espèces animales ou végétales venues d'ailleurs, importées volontairement ou non, ont proliféré au point de perturber radicalement les écosystèmes dans lesquels ils ont été introduits ou relâchés. Leur « naturalisation » se fait souvent au détriment de la biodiversité originelle des milieux colonisés (voir la brochure de la FRANE : « Plantes et animaux envahissants »). Renouées, jussies, tortue de Floride, poisson-chat, rat musqué, grenouille taureau, doryphore, ... sont autant d’espèces envahissantes qui posent aujourd’hui de vrais problèmes pour l’environnement. Qu'en est-il de l'impact possible sur la santé des hommes de l'importation d'animaux (rongeurs, singes, oiseaux, amphibiens, arthropodes, ...) en provenance de pays tropicaux entrés légalement ou clandestinement sur notre territoire ?

Un exemple. Un singe provenant d'un élevage en Chine, arrive dans un laboratoire de l'INSERM à Nantes. Cet animal était destiné à tester des lots de vaccins contre la poliomyélite. Il avait subi une série de tests sérologiques dont les résultats autorisaient son importation en France. Ce primate était cependant porteur sain du virus de l'herpès B, un germe qui peut se révéler mortel pour l'homme (70% de mortalité avec certains variants).

Cet exemple montre que les batteries de tests sérologiques ne sont pas infaillibles. Un animal exotique contaminé peut entrer en France sans présenter le moindre signe clinique, alors qu'il héberge un virus redoutable pour l'espèce humaine. Beaucoup de virus existant dans les pays chauds sont encore inconnus et donc non recherchés. De plus, il peut exister une longue période entre la contamination et l'entrée dans la maladie chez l'homme, comme chez l'animal. Le SIDA en est l'exemple.

Mais il y a plus inquiétant encore. Il existe des virus latents qui non seulement n’induisent pas rapidement de signes cliniques, mais ne provoquent pas la production d'anticorps décelables par les tests sérologiques habituels. Et cependant, ces porteurs de virus peuvent contaminer d'autres sujets comme dans le cas du SIDA, où il existe une période de séronégativité dite "fenêtre sérologique" de quelques semaines. Que dire alors des animaux exotiques séronégatifs durant de nombreux mois et porteurs sains de dangereux virus parfois mortels pour l'homme. Dans ce dernier cas, les tests sérologiques sont inefficaces et doivent être complétés par la recherche directe des virus.

Toute importation d'animaux exotiques, de futurs NACs par exemple, peut entraîner l'arrivée de nouveaux agents infectieux, On assiste progressivement à une mondialisation des germes. Sans que cela soit une garantie absolue en matière sanitaire, il importe que les textes en vigueur dans notre pays soient rigoureusement respectés. Les quarantaines et contrôles sanitaires sont indispensables, quoique parfois insuffisants. Même imparfaites, les techniques de détection des maladies, lorsqu'elles sont mises en oeuvre, sont préférables à l'importation clandestine ou avec des certificats de complaisance. L’entrée en France d’un chien enragé en provenance du Maroc aurait pu être évitée si son propriétaire avait respecté les procédures légales. Des cas de fièvres hémorragiques (Marburg, ...), heureusement très rares, ont été observés en Europe à la suite de l’importation d’animaux exotiques.

Les risques les plus importants sont rencontrés avec les virus, en particulier ceux possédant un ARN en raison de leurs possibilités de mutation et de leurs aptitudes à franchir la barrière des espèces. Les modifications de leur génome peuvent aboutir à la transformation d'un virus peu agressif en un agent causal extrêmement pathogène voire mortel. La population des habitants de l'Europe vieillit. L'efficacité du système immunitaire diminue avec l'âge, ce qui permet à des germes de s'adapter plus facilement à l'homme. Jusqu’à présent, les accidents ont été rares, mais leur fréquence pourrait augmenter avec le flux d’importation d’animaux exotiques. Les textes européens et nationaux devront s’adapter à cette nouvelle donne. C’est une question de santé publique.

Les demandes de certificats de capacité pour la vente et/ou le transit d’animaux d’espèces non domestiques font l’objet dans les départements de la consultation de la Commission des Sites, Perspectives et Paysages. On peut se demander pourquoi l’autorisation de détenir de tels animaux n’est pas aussi soumise au Comité Départemental d’Hygiène. Une lacune à combler.

Claude CHAMPREDON – février 2006.

 

 

 


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