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Les OGM : entre progrès et
danger, que décider ?
Position de la FRANE Mai 2005
La transgénèse est l’outil qui permet de produire
des OGM. C’est une technique qui permet de modifier des espèces
en intervenant sur leur patrimoine génétique. Elle permet
de plus de produire des substances utilisables dans divers domaines,
par exemple possédant des propriétés thérapeutiques.
Dans la mesure où de telles manipulations génétiques
concernent des êtres vivants, il est parfaitement normal qu’elles
suscitent des inquiétudes dans la population. On rappellera que
les cultures d’OGM occupaient en 2002 dans le monde une surface
de près de 60 millions d’hectares et qu’elles augmentent
de plus de 10% par an.
Cependant, la technique permettant d’obtenir des organismes génétiquement
modifiés (OGM) est loin d’être parfaitement maîtrisée
et de nombreuses inconnues subsistent concernant les risques directs
et indirects sur l’environnement et la santé que peut comporter
à moyen et long terme leur dissémination dans la nature.
La recherche dans ce domaine doit être poursuivie dans des conditions
rigoureuses sur lesquelles nous reviendrons plus loin. Ici, comme ailleurs,
le principe de précaution doit s’appliquer.
Les raisons invoquées
La recherche sur les OGM concerne divers domaines d’application.
De l’agriculture à la médecine, en passant par l’alimentation
et l’industrie, les OGM semblent vouloir s’imposer comme
un des outils de demain. Leurs partisans invoquent à ce titre
l’intérêt de générer des végétaux
plus résistants aux attaques parasitaires, de créer des
organismes capables de synthétiser des molécules thérapeutiques,
de concevoir des matériaux moins polluants ou enfin de produire
des aliments d’une qualité nutritionnelle supérieure.
Toutes ces voies de recherche sont intéressantes mais peuvent
toujours être explorées sans recourir aux OGM, surtout
concernant les perspectives agricoles…
Les risques
Les risques liés aux OGM apparaissent nombreux et insuffisamment
évalués sur le plan environnemental et sanitaire. Nous
entrevoyons d’ores et déjà l’augmentation
de l’intensification des pratiques agricoles, et donc des impacts
environnementaux de l’agriculture. Les risques concernant la santé
humaine sont largement pressentis et exigent que nous fassions preuve
de plus de prudence et de discernement.
Nous sommes également déjà confrontés aux
limites d’un système basé sur la “maîtrise”
du vivant et des processus naturels (pollutions génétiques,
actions juridiques…).
L’utilité
Les OGM ne seront pas la panacée et se heurteront aux
mêmes phénomènes de résistance des parasites
que les autres techniques. Comme dans les domaines chimique et pharmaceutique,
il faudra sans cesse créer de nouveaux OGM. Or, il existe beaucoup
de possibilités pour réussir des cultures, dépolluer
des sols ou fabriquer des médicaments sans faire appel à
aucune manipulation génétique. Il est impensable d’en
privilégier certaines au détriment d’autres moins
coûteuses et moins risquées. Il est surtout nécessaire
de s’attaquer aux causes plutôt qu’aux symptômes :
moins polluer plutôt que dépolluer…
Tous les efforts de recherche pour les OGM seront opérés
au détriment d’autres voies, notamment la recherche concernant
des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Cela
n’encourage aucunement les efforts consentis par certains agriculteurs
et va à l’encontre du principe de développement
durable.
Le contexte
Le contexte de la mise en place des OGM s’avère plus que
contestable. La transparence ne semble pas de mise ; les intérêts
financiers prévalent sur le bon sens. Sur le plan socioéconomique,
leur utilisation constitue une menace sérieuse. Une telle situation
est inacceptable et cela conduit à l’augmentation du contrôle
de l’agriculture au niveau mondial par quelques grandes firmes.
Il faut en effet se poser la question : « à
qui cela profite-t-il ? ». Les grandes firmes ont certes
intérêt à imposer leurs nouveaux produits mais l’intérêt
de la Société est tout autre. L’appropriation du
vivant qui résulte des brevets déposés par ces
firmes n’est moralement pas acceptable. La main mise sur le monde
agricole que permettent ces brevets est également intolérable.
La culture du pouvoir et de l’argent semble conduire à
la culture d’OGM. Les Etats sont-ils prêts à soutenir
cette logique ?
… en conclusion
La FRANE estime donc que la mise en œuvre des OGM dans l’agriculture
est actuellement inutile, voire dangereuse pour l’environnement
et la santé humaine. A terme, elle asservirait les agriculteurs
et les laboratoires aux grandes firmes qui les produisent et risquerait
de créer des désastres écologiques aujourd’hui
insoupçonnables. L’ensemble de la filière agroalimentaire
pourrait aussi être bouleversée. Dans l’état
actuel d’avancement de la recherche, seule la production d’OGM
à visée thérapeutique et réalisées
en atmosphère confinée semble acceptable.
Les multiples incertitudes qui planent sur le dossier des OGM obligent
à exiger le respect du principe de précaution.
A ce titre, la FRANE appelle notamment à :
Rétablir le moratoire sur les OGM en attendant que soient réalisées
des études pour évaluer leurs impacts sur l’environnement
et la santé humaine,
Confiner les cultures d’OGM en laboratoire et cesser dans l’immédiat
toute culture en plein champ,
Instaurer un véritable débat de Société
autour de la question des OGM,
Exiger plus de transparence et d’objectivité quant aux
prises de position des Commission et autres structures amenées
à se prononcer sur la dangerosité des OGM,
Mieux équilibrer les financements publics entre les OGM et les
autres techniques plus classiques de sélection et de conduite
de cultures (lutte biologique, ...).
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